Etude des Pathogènes et des Hôtes vers une Approche Intégrative
Depuis l'année 2005, en collaboration avec le laboratoire de Parasitologie-mycologie de l'Université Cheikh Anta Diop de Dakar et le Laboratoire de Zoologie des Invertébrés terrestres de l'IFAN, de l'Université Cheikh Anta Diop de Dakar, une étude épidémiologique a été démarrée dans la région de Thiès (située à 70 km de Dakar) dans la communauté rurale de Mont Rolland, constituée de 14 villages et d'environ 14000 habitants. Les objectifs de ce projet sont de mettre en évidence la circulation du parasite, d'identifier le réservoir et le vecteur, de définir les caractéristiques des foyers d'un point de vue écologique, et d'évaluer le risque pour la santé humaine.
Au Sénégal, il semble que différentes espèces de Leishmania circulent. Cependant, seule l'espèce Leishmania major (espèce responsable de leishmaniose cutanée) a été formellement identifiée et les réservoirs, Mastomys erythroleucus et Tatera gambiana, ont pu être mis en évidence. L'espèce L. infantum (agent de la leishmaniose viscérale) est suspectée par différents auteurs depuis une vingtaine d'année, mais jusqu'à présent dans la littérature, aucune souche n'a pu être identifiée et isolée. L'enquête que nous avons effectuée dans cette région nous a permis d'observer une forte prévalence de la leishmaniose canine (environ 40%). Une dizaine de souches ont pu être isolées et sont en cours de production pour l'analyse génétique. Cependant, jusqu'à présent aucun cas de leishmanioses humaines n'a encore été mis en évidence dans cette région. Une analyse sérologique est en cours pour déterminer dans quelle mesure les hommes sont en contact avec le parasite et quelles en sont les conséquences cliniques. Concernant les vecteurs, les études entomologiques réalisées dans ce pays montrent qu'au Sénégal coexistent 2 genres de phlébotomes (Phlebotomus et Sergentomyia) représentant plus d'une vingtaine d'espèces. Dans toutes ces études, le vecteur principal de l'espèce L. major, Phlebotomus duboscqi, a été mis en évidence. Cependant, aucune des espèces présentes au Sénégal n'est suspectée dans la transmission de L. infantum, les Phlebotomus du sous-genre Larroussius, vecteurs habituels de cette espèce leishmanienne n'étant pas recensés dans ce pays. Ceci démontre que beaucoup d'inconnues restent à élucider d'un point de vue purement épidémiologique. Une convention de recherche va être élaborée pour officialiser la collaboration entre l'IRD et l'Université Cheikh Anta Diop pour poursuivre le projet sur la leishmaniose au Sénégal. Ce projet est développé par Anne-Laure Bañuls et Mallorie Hide.